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Luttons contre la violence – les violences 

Violence scolaire : comment l'éradiquer ? | Parents.fr

Chaque année, des actions sont menées pour lutter contre les incivilités et les violences. Parmi elles, nous pouvons citer une séance de sensibilisation, de prévention par la Gendarmerie sur les incivilités et les violences auprès de toutes les classes de 6e.

 

Ci-dessous, un extrait du rapport « climat scolaire » du collège

1. Le concept de civilité

Afin de mieux comprendre ce qui influe sur la qualité du climat scolaire, il est important d’examiner d’abord ce qui a trait à la civilité puis les comportements qui s’en éloignent.

Le concept de civilité, apparu dès le XIVᵉ siècle (Dictionnaire historique de la langue française, Robert), renvoie à l’ensemble des comportements attendus pour vivre en société, dans le respect d’autrui et des règles partagées.

Norbert Elias, penseur allemand (1897–1990) est considéré comme l’un des penseurs majeurs du XXᵉ siècle dans l’étude des comportements sociaux et des processus de civilisation. Il s’est intéressé à la manière dont les individus apprennent progressivement à maîtriser leurs pulsions, à intérioriser les règles sociales et à adapter leur conduite aux exigences de la vie en société. La civilité s’inscrit alors dans un processus de civilisation : elle reflète l’évolution des normes sociales et morales qui régulent les relations humaines.(E. Norbert, La civilisation des mœurs, 1973).

De son côté, le sociologue canadien Erving Goffman (1922–1982), reconnu pour ses travaux sur les interactions sociales et la vie quotidienne, a développé une approche connue sous le nom de “sociologie de l’interaction”. Celle-ci est centrée sur la manière dont les individus présentent leur identité et gèrent les impressions qu’ils donnent aux autres dans la vie sociale. La civilité relève aussi d’un jeu de rôles, d’une mise en scène sociale où chacun adopte des attitudes convenues pour préserver l’harmonie et la reconnaissance mutuelle. (E. Goffman,La mise en scène de la vie quotidienne, 1973).

 

À l’inverse, l’absence de civilité — ou incivilité — fragilise le lien social, notamment dans les espaces collectifs comme l’école. Dans le milieu scolaire, ces manquements se traduisent par des faits d’incorrection, de non-respect ou de violence symbolique, dont les effets nuisent à la qualité du climat scolaire. Les méfaits des incivilités perturbent non seulement la relation pédagogique, mais aussi le sentiment de sécurité et de bien-être de l’ensemble de la communauté éducative.

CLEF 54 - Evolutions des violence à l'école

2. Les incidents entre élèves

Bien que le ressenti sur le climat scolaire soit plutôt positif, les élèves évoquent de multiples formes de violences. Selon l’enquête de 2021-22, les violences les plus fréquentes sont les vols (54%), les insultes (43%), les moqueries (44%) et les mises à l’écart (43%). Les violences physiques, parfois graves concernent moins de 10% des élèves pour les agressions d’ordre sexuel), 4% pour les blessures dues à des armes ou à des objets dangereux.

Si les insultes baissent depuis 2013 (de 57% à 43% en 2022) certaines catégories d’insultes persistent: les attaques sur l’apparence physique, la tenue vestimentaire et celles qui sont liées aux discriminations et au sexisme.

Les filles sont plus fréquemment victimes d’ostracisme et les garçons sont, eux, plus présents dans les bagarres et les jeux à caractère dangereux.

L’indice de multivictimation montre que 46% des élèves subissent au moins 1 violence et 6,7% d’entre eux disent subir 5 violences et plus durant l’année scolaire (Enquêtes de 2021-2022). Cet état de fait est croissant, 5,6% en2017.

Annexe 4 : DEPP, Repères et références – Statistiques 2025, Indice de multivictimation répétée chez les collégiens, février 2025

Les violences physiques touchent 27% des élèves tandis que la répétition des violences psychologiques concerne, elle, plus d’élèves (38%).

La cyberviolence affecte 28% des élèves, majoritairement des filles et inclut insultes, humiliation en ligne, usurpation d’identité, visionnage non consenti d’images à caractère sexuel, menace ou racket.

Face à ces violences, la réaction des élèves varie. 69% déclarent en avoir parlé à leurs amis, 65% à leurs parents et 40% à un adulte du collège. Une partie se défend seule (44 %), surtout les garçons (48 %).Les interventions des parents ou de la police restent minoritaires, mais augmentent en cas de multivictimation (37 % et 12 %). La plupart des interventions conduisent à une amélioration des situations dans plus de 50 % des cas.

Ces données montrent que les violences entre élèves, physiques et psychologiques, ainsi que la cyberviolence, restent un facteur majeur de perturbation duclimat scolaire, influençant à la fois le bien-être des élèves et la qualité des interactions dans l’établissement.

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3. Les incidents graves

Par incidents graves, on entend très majoritairement des agressions verbales de la part des élèves mais cela inclut également des faits relatifs au racisme, à l’antisémitisme, à la xénophobie ou à l’homophobie. Le harcèlement s’élève à 10%.

Selon l’enquête SIVIS 2023-24, 16 incidents graves pour 1000 élèves ont été enregistrés contre 12 en 2018-2019, indiquant de fait une augmentation des situations critiques. Huit incidents sur dix sont des atteintes aux personnes.

Annexe 5 : Résultats de l’Enquête SIVIS 2023-24, mai 2025

Les faits liés à la sécurité (port ou consommation d’alcool ou de stupéfiants, armes ou objets dangereux, attaques à la laïcité, suicides ou tentatives) représentent 15 %, tandis que les dommages matériels sont minoritaires (5 %). Les élèves sont les principaux auteurs (91 %), avec des victimes composées d’élèves (45 %) et de personnels (38 %).

Le climat scolaire peut être fortement perturbé par des situations exceptionnelles, affectant simultanément élèves et adultes et nécessitant des mesures de prévention et de gestion adaptées.

Violence scolaire : des constats alarmants qui exigent des réponses à la hauteur - Action & Démocratie / CFE-CGC

4. La violence ressentie par les personnels

Globalement les personnels, hommes et femmes, se sentent bien, et en sécurité, dans leur établissement et aux abords. Les relations avec la communauté éducative sont très positives mais seulement 73% des personnels ressentent une solidarité interne satisfaisante.

Plus de la moitié des personnels estiment qu’il y a beaucoup d’actes de violence dans leur collège avec un ressenti plus prononcé pour les femmes 56% contre 44% pour les hommes. Elles s’estiment mieux respectées que les hommes par les élèves (96% contre 94%) et les parents d’élèves (88% contre 85%).

Concernant les agressions directes, 30% environ des enseignants signalent avoir subi des insultes et des moqueries, 13% se sont fait voler ou ont vu dégrader leur matériel pédagogique, 8% ont été mis à l’écart et 3% ont été harcelés.

Annexe 6 : E. Debarbieux, Perception du climat scolaire par l’ensemble des personnels, 2022

L’Autonome de Solidarité indique également dans « Baromètre du climat scolaire en 2022 », que 75% des dossiers de demande d’aide concerne une agression ou un sentiment d’agression. En comparaison avec les chiffres de 2021, on note une augmentation de 4 points. La majeure partie de ces affaires sont des cas de diffamation (plus de 33%) puis arrivent les insultes et les menaces

(environ 32%). Les auteurs de ces agressions sont les représentants légaux à 45% puis les élèves à 39%. Les violences verbales font l’objet de 38% des situations. Le taux d’agressions physiques monte, quant à lui, à 62%.

L’ASL note également que 20% des violences sont liées à des élèves présentant des « troubles du comportement ou des attitudes incompatibles avec une scolarité ordinaire.
(ASL, Baromètre du climat scolaire en 2022)

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5. Des lieux particulièrement sensibles.

Certaines zones à l’intérieur comme à l’extérieur des établissements scolaires se révèlent plus fragiles. Plusieurs enquêtes et rapports en montrent la fréquence et la typologie.

Le rapport de l’Assemblée nationale intitulé «Pour une école plus sûre : rapport d’information sur la sécurité dans les établissements scolaires », du 7 février 2001 est une enquête menée sur la sécurité des bâtiments, des équipements et des personnes dans les établissements scolaires, ainsi que sur la violence à l’école. Certaines zones des collèges se révèlent de ce fait particulièrement sensibles:

-Les cours de récréation et les espaces extérieurs sont souvent cités comme des lieux où se concentrent vols, bagarres et moqueries, en raison de la densité d’élèves et du manque de surveillance constante.

-À l’intérieur, les couloirs, escaliers et sanitaires constituent également des points fragiles, favorisant les agressions verbales ou physiques lorsqu’un encadrement direct est absent.

-Les salles de restauration et les espaces communs peuvent être le lieu de tensions entre groupes d’élèves, de conflits liés à l’attente ou à la gestion des files et de comportements discriminatoires ou de harcèlement.

– Le gymnase et particulièrement les vestiaires représentent des zones de «non-droit ». Ces espaces sont des lieux de  « jeux » et de micro-violences.

-Les zones périphériques à l’établissement, comme les abords des parkings et des transports scolaires sont également concernées.

Selon le Professeur Michel Born du Service de Psychologie de la Délinquance et du développement Psychosocial de l’Université de Liège, il est essentiel d’identifier clairement ces zones sensibles afin de proposer des pistes de prévention efficaces. Il indique dans son rapport, Espaces scolaires et violence (OCDE, 2000): «Des zones protégées doivent être créées, comme des parties non visibles (non« tentantes »), des espaces de rangement bien isolés, offrant des accès contrôlés, des parties de bâtiments qui peuvent être isolées du reste, des matériaux qui offrent peu de prise aux dégradations et aux tags et qui soient facilement et à peu de frais remis à neuf, ainsi qu’une volonté constante de les maintenir en bon état […]Et surtout, la communauté scolaire, multipartite (enseignants – élèves– parents) et associée aux habitants du quartier, doit intégrer le développement moral et la citoyenneté avec le développement des compétences et des connaissances.»

(PEB Échanges, Programme pour la construction et l’équipement de l’éducation, 2000/10 Michel Born)

Ces recommandations soulignent que la prévention de la violence à l’école passe autant par l’aménagement et la surveillance des espaces que par la participation active de tous les acteurs de la communauté scolaire.

Etude: La violence en milieu scolaire, un fléau qui perdure au Maroc

6. Des facteurs aggravants des violences au collège

Plusieurs facteurs peuvent accentuer le risque d’agressions et d’incivilités au sein des établissements scolaires. Parmi les éléments issus de l’organisation de l’établissement, on relèvera: la densité d’élèves, le manque de surveillance, l’organisation des emplois du temps et les flux simultanés dans les couloirs ou la cour qui peuvent générer des conflits.

Le manque de règles claires ou leur application irrégulière contribue également aux comportements d’incivilité et de transgression.

Des facteurs sociaux et relationnels viennent également amplifier les risques : les conflits entre groupes d’élèves, les tensions culturelles ou sociales, ou l’exposition à la violence familiale augmentent la probabilité de comportements agressifs.

L’usage non encadré des outils numériques favorise également la cyberviolence et le harcèlement en ligne. Cette forme de violence se caractérise par des agressions intentionnelles, par une ou plusieurs personnes à l’aide de mails, de SMS, via les réseaux ou les jeux en ligne. Sa diffusion rapide auprès d’un large public, son aspect incessant et les complications pour en connaître les auteurs rendent ces cyberviolences très spécifiques et demandent ainsi une prévention particulière.

Comme indiqué dans la publication d’Eduscol «Un collégien sur cinq est concerné par la cyberviolence», les micro-agressions sont favorisées par les médias numériques et ont toutefois tendance à augmenter entre 2011 et 2013: les insultes ou les humiliations sur les réseaux sociaux ou par SMS augmentent, quant à elles, de cinq points.

La cyberviolence touche plus souvent les filles; 21 % d’entre elles déclarent avoir connu au moins une cyberviolence contre seulement 15 % des garçons. (Ministère de l’Education Nationale- Un collégien sur cinq concerné par la cyberviolence)

Ces facteurs aggravants montrent que la violence résulte d’un contexte global, combinant organisation, relations sociales et facteurs externes.

 

Lien vers le site du Ministère : https://www.education.gouv.fr/climat-scolaire-et-prevention-des-violences-11918

Lien vers l’article « climat scolaire » du collège : https://marie-amelie-le-fur-coubert.ent77.fr/climat-scolaire/